Vous êtes ici : Accueil > Articles > L’hygiénisation des boues liquides par lait de chaux – une filière qui se développe !

L’hygiénisation des boues liquides par lait de chaux – une filière qui se développe !

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

L’obligation d’hygiéniser les boues en cette période de crise sanitaire a amené les collectivités rurales à mettre en place des solutions de traitement appropriées pour leurs boues liquides. Le traitement par injection de lait de chaux se développe sur le bassin Artois-Picardie.

 

L’impossibilité d’épandre des boues liquides non hygiénisées a poussé les acteurs à innover. Parmi les solutions trouvées, la filière de chaulage en liquide se développe en Hauts de France.Il s’agit d’amener de la chaux sous forme de lait directement dans les stockages afin d’augmenter fortement le pH et de permettre l’hygiénisation des boues.

En 2021, plusieurs stations ainsi que quelques vidangeurs ont opté pour ce procédé. Pour se faire, il faut disposer d’un système de brassage efficace dans le stockage. Après une bonne homogénéisation, du lait de chaux est déversé depuis un camion-citerne. Les volumes à apporter dépendent du volume à traiter et de la siccité des boues ; mais on retiendra qu’il faut apporter environ 10 % du volume stocké.

Après 10 jours de contact entre la chaux liquide et les boues, un suivi analytique est mis en place pour vérifier l’efficacité du traitement : A savoir, une analyse de caractérisation initiale (salmonelles, entérovirus, œufs d’helminthes) et un suivi hebdomadaire des coliformes thermotolérants jusqu’à la campagne d’épandage. Si les résultats sont concluants, l’épandage pourra se faire de façon classique par tonne à lisier.

Signalons que le taux de matière sèche gagnera quelques points et l’ajout de chaux confèrera aux boues liquides un intérêt calcique. Encore faudra-t-il s’assurer que cet apport de chaux correspond aux besoins des agriculteurs utilisateurs !

Ce choix a été fait dans les cas où la mise en place d’autres filières était complexe, du fait par exemple de l’indisponibilité du matériel de déshydratation ou de la problématique de gestion des filtrats en tête de station. Le coût apparait très compétitif au regard des autres filières et cette solution a également été aidée par l’Agence de l’eau. Les craintes soulevées par les exploitants de station concernent souvent l’effet à long terme de l’usage de chaux sur les équipements de stockage, mais cette filière est pratiquée dans d’autres régions sans difficultés particulières. Devant les interrogations qui subsistent sur l’obligation d’hygiénisation et devant l’arrêt des aides des Agences de l’eau en 2022, le fait de disposer d’un panel de solutions permet d’envisager plus sereinement les futures campagnes, tant pour la pérennité des plans d’épandage que pour les budgets des collectivités.

 

Abonnez vous !